Appel à projets #2 – Série audio comédie

Paper to FilmAppels à projets

Description

Client : diffuseur audio, plateforme Premium.

Recherche : Série audio de comédie, afin d’enrichir la catégorie humour du catalogue d’une plateforme audio premium

Format : la saison 1 devra compter 240 min de contenu minimum, mais le découpage reste libre

Conditions : scénariste friand et aguerri au genre de la comédie. Pas nécessairement rompu à la série audio, mais capable de relever le défi de 240 minutes d’écriture !

Nombre de projets/candidatures sélectionnés : 5

Spécificités : Le diffuseur recherche des séries aux épisodes courts et bouclés, centrés sur un dispositif audio simple et innovant, et dont les personnages principaux ou secondaires puisse favoriser l’apparition régulière de comédiens/humoristes renommés.

Référence : Bloqués

Documents demandés
  • Pitch (5 lignes)
  • Concept (1/2 page)
  • Note d’intention audio (1/2 page)
  • Arche / Progression narrative (1 page)
  • Une séquence emblématique dialoguée
Petits plus pour bien calibrer votre projet :
  • En tant que plateforme premium d’expérience audio, ils sont sensibles à des projets à proposition éditoriale forte, novatrice et originale
  • Des dispositifs pensés et écrits pour l’audio sont primordiaux 
  • Afin de distinguer leur catalogue de l’offre gratuite de podcasts de flux, il est important que chacun des projets puissent avoir une légitimité (durée, proposition éditoriale) en formule payante.
Deadline

Vendredi 24 avril 2020 à 14h


Méthodologie de l’écriture audio

(proposée par le diffuseur)

Ce qui suit ne représente en aucun cas une science exacte ou une méthode infaillible.

Souvent la magie opère loin des sentiers battus et des codes, quand on laisse libre cours à la surprise et à la puissance de l’imagination. Ce petit guide aidera simplement les scénaristes connaissant peu les techniques de l’écriture audio à donner davantage de pertinence et d’impact à leurs récits destinés à ce médium.

Pour comprendre les principales clés scénaristiques de la série audio, il faut se pencher sur le contexte d’écoute de ce type de contenus : à la différence d’un film de cinéma, ou d’une série TV, l’auditeur d’un programme sonore se consacre en même temps à une autre activité : il est dans les transports, il marche, il cuisine, range…

Tout l’enjeu est donc de déclencher instantanément l’attention de l’audience, et de faire en sorte de la maintenir intriguée, plongée dans l’environnement narratif. Le plus grand danger pour l’auteur audio est de perdre son auditeur, soit parce que celui-ci se désintéresse de l’intrigue, soit parce qu’il en perd le fil par manque de clarté, ou de rythme.

Un dispositif centré sur le son

Tout ne réside pas dans le high concept – qui peut avoir tendance à rapidement s’essouffler – une série audio innovante se démarque aussi et surtout par un dispositif façonné pour le médium, imaginé pour le son.

Ex : Des conversations téléphoniques, une boîte vocale, des suspects mis sur écoute, des interrogatoires de police, des pièces à conviction comme des cassettes, une intrusion dans les pensée d’un individu.

Tout ce qui peut s’écouter et offrir un point de vue privilégié et intimiste à l’auditeur. En plus d’être un vecteur d’immersion majeur au sein de l’intrigue, ces mécanismes permettent de faciliter significativement l’approche du récit en s’affranchissant d’éléments visuels qui représentent un piège d’écriture.

Une amorce percutante

On dit souvent que 7 secondes en moyenne suffisent pour qu’un auditeur décide ou non de poursuivre l’écoute d’un contenu sonore. Devant une explosion de l’offre de programmes audio, et du fait de l’effort de concentration préalable nécessaire lors de l’écoute, c’est un peu à qui saura captiver instantanément l’attention que reviendra l’adhésion. Un enjeu de taille repose donc sur le choix de la séquence d’ouverture qui doit tout de go donner le ton et le rythme général de la série.

Peu-importe que cette scène soit informative, provocatrice, haletante, les maîtres-mots sont simplicité et efficacité ! L’auditeur doit directement comprendre à quelle sauce il va être mangé. Ce que certains appellent le « pacte d’écoute ». C’est pourquoi le titre – qui sera annoncé à l’oral – doit parler de lui-même et être résolument évocateur.

Là encore les idées fourmillent : une scène à forte charge dramatique voire le climax de la série, un flash-back ou forward, une voix-off intrigante, un  discours choc, une plage d’ambiance sonore puissante…

Une narration au plus près de l’audio

Un des exercices les plus difficiles pour les scénaristes issus de la fiction TV est le passage de l’image au son. En effet, la règle de l’écriture audio est de raconter l’invisible, de faire vivre ce qui s’entend mais ne se voit pas. Donc tous les ressorts dramatiques fondés sur des éléments visuels (sourire, grimaces, décors, vêtements, messages écrits…) doivent être soit « traduits » en audio, soit éradiqués. Ceci ne veut pour autant pas dire que la matière narrative est limitée, il faut simplement s’aider d’éléments diégétiques, internes à l’action, et user de subterfuges : les dialogues, les objets, les bruitages, les ambiances pour donner du corps à l’action. En audio, un objet par exemple n’existe que si on l’entend.

La rythmique est aussi un élément fondamental. Il faut que les dialogues s’enchaînent, s’entremêlent avec les bruitages et les ambiances sonores. Raison aussi pour laquelle le silence est une matière dramatique souvent saisissante, à utiliser avec pertinence.

Souvent la musique porte un rôle de premier plan – presque au même titre que les dialogues – et constituant parfois un personnage à part entière dans l’action.
Les transitions ou ellipses narratives qui permettent de passer d’une temporalité ou d’un lieu à l’autre, ont aussi leur particularité en fiction audio. L’enjeu est d’utiliser des éléments diégétiques comme un bruitage présent dans la scène pour le fondre avec un son de la scène suivante.

Des personnages principaux identifiables, peu nombreux

Un des principaux dangers de la dramaturgie audio est de créer la confusion, de perdre l’auditeur.

Les écueils sont malheureusement nombreux, avec en première ligne : la multiplicité des personnages. Certes les personnages secondaires permettent de densifier le récit et sont autant de moyens de faire avancer et vivre l’action. Mais les personnages principaux, eux, doivent être choisis avec attention et parcimonie. L’âge, le sexe, le caractère et le champ lexical de ces personnages doivent donc être différenciés un maximum pour ne pas générer l’incompréhension. Souvent derrière un personnage, il y a un enjeu, un obstacle, un message philosophique ou simplement une thématique. Il est important d’éviter que ces éléments ne soient doublonnés dans un personnage supplémentaire qui serait par conséquent une coquille vide, un prétexte. Chaque personnage doit avoir une raison propre d’exister.

Des dialogues naturels & incisifs

En fiction audio, la seule manière de caractériser des personnages et de susciter l’empathie de l’auditeur à leur égard est au travers du dialogue. Impossible de lire leurs émotions sur leur visage, dans leurs gestes, tout se fait par la voix. Un travail profond sur l’oralité est donc nécessaire.

Comment mon personnage parle-t-il ? Quel est le style de son langage ? Comment réagirait-il face à cette situation ? Il faut donc que les dialogues soient le plus naturels possibles, que l’auditeur n’ait aucune place au doute ou à l’incrédulité. Par conséquent, comme les monologues interviennent rarement dans la vie réelle, il faut éviter un maximum les longs discours, les pamphlets, mais au contraire distiller les interventions succinctement, sans hésiter à créer des interruptions, des personnages qui se voient coupés dans leur phrase, des hésitations, des pauses… Comme le dit la formule anglaise, dans les dialogues : « less is more », souvent c’est en disant moins qu’on en dit plus et que l’impact de notre discours est renforcé.

En outre, il faut être le plus précis possible sur les intentions de dialogues. La même phrase n’aura pas la même portée si elle est dite avec fureur, avec hypocrisie ou bienveillance.

Une technique souvent utilisée en fiction audio est de lire soit même ses dialogues, à haute voix, pour tester leur efficacité et leur justesse.

Une unité de lieux reconnaissables

Toujours dans cette logique d’intelligibilité de l’action, il est fondamental en écriture audio d’être économe sur le choix des différentes localisations. L’utilisation de lieux récurrents et emblématiques permet d’épargner à l’auditeur un effort supplémentaire de déchiffrage qui atténue l’immersion et risque d’ennuyer. Ceux-ci seront d’autant plus identifiables si on leur donne un couleur unique, soit au travers d’intentions musicales, soit en utilisant des éléments de mise en scène ou bruitages qui seront chaque fois présents (le tic-tac d’une horloge pour un bureau, des brouhahas et verres qui tintent pour restaurant…)

A l’intérieur de ces espaces sonores, la narration doit progresser en s’appropriant le décor, comme une véritable scénographie. La spatialisation, le positionnement des personnages et objets doivent être employés comme ressort dramatique. Et pour ne pas gâcher l’authenticité des scènes, un prérequis est de faire venir le cadre de l’action par l’audio, et de ne pas dénoncer le décor (« nous sommes désormais dans le salon de… »).


Nous répondrons à toutes les candidatures, sous 7 jours maximum après la deadline et le diffuseur s’est engagé à répondre à chacun des projets sélectionnés sous 45 jours.

Dans le cas contraire, nous communiquerons aux scénaristes sélectionnés le contact du diffuseur.