Reed Hastings : “plus d’un milliard investis en contenu européen en 2019”

Théo KoutsaftisEntretiensLeave a Comment

Interviewé dans le cadre des Lille Transatlantic Dialogues organisés par le festival Séries Mania, Reed Hastings — CEO de Netflix — revient sur plusieurs sujets : de l’épisode cannois aux investissements dans les contenus européens et l’avènement de la VR.

Reed Hastings, CEO de Netflix (gauche), interviewé par Marjorie Paillon de France 24, lors du Festival Séries Mania. Photo : François Decoster @fdecoster

Un investissement dans le contenu produit en dehors d’Hollywood

“Sur le dernier trimestre, deux des séries les plus vues étaient européennes : La Casa de Papel et The End of the F*****g World”, avec des chiffres comparables aux succès produits par la plateforme de streaming à Hollywood. C’est avec ces mots que Reed Hastings accueille les professionnels venus écouter sa keynote à Lille.

La production de contenus issus des différents marchés sur lesquels Netflix s’est étendu est une stratégie initiée depuis quelques années mais qui semble bien s’accélérer. Hastings reconnaît qu’une décision européenne imposant aux plateformes OTT un quota de 30% de contenu européen sur leurs services “est un peu dure pour nous”. Il reconnait que la plateforme n’a pas encore le contenu nécessaire pour être conforme, mais “la réglementation n’entre en vigueur que dans trois ans, nous nous préparons à cela”.

Un contenu local à visée globale

En vue de la diffusion sur Netflix dès aujourd’hui de la nouvelle série The Rain, produite au Danemark, Hastings souligne le rôle de Netflix dans la production de contenus : “Rain ne pouvait pas être financé au Danemark avant notre arrivée, à cause du marché restreint.”

L’ambition affichée est de devenir un producteur global “qui coopère avec plusieurs cultures en partageant ce contenu, plutôt que d’être Hollywood pour le monde entier”. “Je ne pense pas que la production de séries locales soit une bulle”, ajoute-t-il avant de terminer en indiquant avoir investi un milliard de dollars en contenus européen en 2018, avec plus de financements prévus pour 2019.

La chronologie des médias & Cannes

La chronologie des médias en France est parmi les plus strictes au monde, imposant 36 mois entre la sortie en salle d’un film et sa mise à disposition sur les plateformes SVOD. Hastings n’a pas critiqué la réglementation indiquant que “c’est un système très spécifique, propre à la France et c’est aux Français de décider de la façon dont ils veulent organiser leur industrie. Nous n’avons pas de problème avec la chronologie, et ça a été un succès pour l’industrie cinématographique française”.

“Parfois nous faisons des erreurs. La situation avec Cannes a pris plus d’ampleur que nous voulions” admet-il, en parlant de la querelle entre Netflix et le Festival de Cannes, suite à l’annonce des nouvelles règles pour la sélection en compétition, imposant aux films d’avoir une sortie en salle en France. Il souligne que Cannes était “très sincère dans leur volonté de trouver un modèle qui fonctionne pour eux comme pour nous”, ajoutant que “Nous adorons Cannes. Nous y sommes allés plusieurs années et avons des acheteurs sur place cette année.”

Hastings précise que, au moins en France, la plateforme allait se concentrer sur des séries fiction, du standup et des séries documentaires. “Il y a tellement de choses que nous pouvons faire sans être un agent disrupteur pour le cinéma”.

Bientôt des contenus en VR ?

Hastings reconnaît que la VR est une expérience immersive mais selon lui, le format est plus adapté aux jeux vidéo. “Les représentations de théâtre sont devenues des films qui sont devenus des séries mais ça toujours été de l’ordre du ‘je t’écoute me raconter une histoire’, cette relation enfant-parent où en grandissant tu écoutais les histoires racontées par tes aînés, c’est quelque chose de profondément humain.”

Pour le moment donc, le géant du streaming reste adepte du storytelling linéaire.

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